Origine de l'association

Au début des années 1950, après la libération, des vacanciers découvrent l’île et ils s’y attachent. Les campings montrent vite leurs limites coût et espaces restreints découragent les séjours familiaux prolongés. Certains campeurs utilisent alors des terrains loués à des particuliers (agriculteurs qui louent des terrains de vignes ou de culture marginale). Mais la plupart préfère acheter une parcelle afin de pouvoir jouir de leurs vacances en famille avec des conditions financières plus favorables sur le long terme. 

A cette époque les gens habitaient souvent en appartement et ne pouvaient pas acheter une résidence secondaire.  L’achat d’un terrain à camper été déjà un luxe que tout un chacun ne pouvait pas s’offrir, d’autant que la demande faisait l’affaire des insulaires qui vendait souvent à prix d’or un lopin de terre agricole. Ces acquisitions réalisées devant notaires avec acte de propriété, sont tout à fait légales et opposables. 

Les vacanciers confortaient l’activité économique, les friches achetées, souvent à des prix élevés, devenaient des terrains plantés, aménagés, entretenus où pouvaient se retrouver en famille : parents, enfants, petits-enfants, amis). Le tourisme prenait son essor.

C’est à cette période que se créer la pratique du camping-caravaning sur parcelles privées et qui depuis s’est développée pour atteindre aujourd’hui plus de 4500 parcelles en Oléron.

Au fil du temps, les propriétaires de terrains de loisirs améliorent leurs terrains pour avoir un minimum de confort. Ceux-ci devant le refus des édiles, sont souvent contraints de trouver des solutions de substitution aux fournitures d’eau, d’électricité voire d’assainissement (panneaux solaires, puits, épandage…).

Photo intérieur caravane

Parallèlement, au fur et à mesure du temps et des mises en place de textes de loi (PLU, SCOT, loi littoral, classement de l’île…), le législateur a prévu que les habitats de loisirs devaient rester mobiles et qu’ils ne restent que quelques mois sur leurs parcelles, en s’opposant dans certains cas à l’accès aux commodités citées ci-avant, positions contestables vis à vis du droit d’usage et d’occupation du sol.

Certaines situations ont été contestées et des procès verbaux ont été dressés, souvent suivis de poursuites.

Devant ces agissements et ces injustices, l’Association des Propriétaires de Terrains de Loisirs en Oléron a été créée à l’initiative de propriétaires bénévoles, le 3 mai 1971 suivant la loi de 1901.

Enfant dans un hamac

L’association aujourd’hui,  est représentée par un Conseil d’Administration et un bureau avec  des coprésidents qui assurent : les relations externes et communication, l’administration et la gestion de l’association. Tous les membres sont bénévoles. Aujourd’hui il y a un peu moins d’un  millier d’adhérents par rapport aux 4500 propriétaires. 

Après 50 ans d’existence, l’objectif principal est toujours le même. L’association qui n’a pas de but lucratif, a pour objectif de défendre les droits des propriétaires afin que nous soyons considérés et reconnus au regard du code de l’urbanisme et des PLU.  

Nous voulons avec les élus et les différents services de l’Etat trouver des solutions pour que nous puissions jouir en toute légalité de nos terrains avec nos familles.  

Conscients des risques naturels, nous avons fait des propositions que nous avons actées dans notre dossier de novembre 2010 et présenté à tous les niveaux de l’Etat. 

Nous sommes un réel appui économique pour l’Île, avec un apport financier  représentant environ 11 millions d’euros par an, aux Conditions Economiques de  2014. 

Aujourd’hui, l’association a toujours la même posture, ouverte au dialogue et à la concertation avec les différents acteurs de l’Etat pour qu’enfin soit mis en place une ou des vraies solutions qui satisfassent l’ensemble des parties.  

Comme indiqué ci-avant, nous sommes dans notre droit. Nos actes de propriété le prouvent, ils sont opposables et répondent à la charte des droits fondamentaux de l‘union Européenne en son titre II article 17 « Droit de propriété » qui indique : 

« 1- Toute personne a le droit de jouir de la propriété des biens qu’elle a acquis légalement, de les utiliser, d’en disposer et de les léguer. Nul ne peut être privé de sa propriété, si ce n’est pour cause d’utilité publique, dans des cas et conditions prévus par une loi et moyennant en temps utile une juste indemnité pour sa perte L’usage des biens peut être réglementé par la loi dans la mesure nécessaire à l’intérêt général. »

Objectifs

Aujourd’hui, la boucle se referme dans le sens où dans les années 50 nos parents sortant des périodes difficiles (guerre, chômage, situation pour certains très précaires) pour ceux qui le pouvaient se sont retranchés vers l’acquisition de lopins de terre afin de profiter de vacances en famille. 

A présent, la situation sanitaire en France, en Europe et dans le monde fait ressortir des situations de précarité qui s’étaient estompées avec le temps : taux de chômage croissant, pertes d’emplois, fermetures de petites et moyennes entreprises et beaucoup utilisent, souvent à contre cœur les aides sociales n’ayant plus les moyens pour subvenir à leur besoin. 

Parallèlement les besoins financiers pour prendre quelques jours de vacances croissent. Les terrains de camping se spécialisent dans la location de mobil home à environ un millier d’euros la semaine, les emplacements pour les tentes et caravanes baissent en nombre, et nous n’abordons pas le coût des locations dans les différentes chaînes ou chez les particuliers qui sont souvent inabordables. 

Le peuple, et ce terme n’est pas vulgaire, a des difficultés pour s’offrir des vacances en famille, les mesures prises par certaines villes le prouvent par exemple Paris-plage. 

C’est pourquoi aujourd’hui, dans notre démarche de préservation de nos biens nous mettons l’accent sur le caractère social qui prend de plus en plus d’ampleur. Cette évolution nous conforte dans nos actions pour que ceux qui ont la chance de posséder encore ces parcelles de terrain puissent en jouir en toute tranquillité avec leur famille et les transmettre à leurs enfants.  

 

D’autant que les héritiers se verront opposer les textes de loi (loi littoral, PLU ou PLUi, classement de l’Île..) pour limiter voire interdire ce mode de vacances vieux de plus d’un siècle.  

Voilà pourquoi notre association existe et continue ses démarches. Nous devons rester vigilants par rapport aux évolutions envisagées pour notre île, par exemple : le rapprochement des expériences des îles voisines, le  « plan Oléron 2035 » et ses différentes actions.  

Nous serons certainement impactés par ces projets c’est pourquoi nous devons être impliqués dans ces réflexions afin que notre situation de propriétaires de terrains pour les loisirs soit prise en considération.  

Restons positifs et clairvoyants, on peut espérer que certains acteurs responsables s’engageront pour qu’une évolution favorable de notre situation voie le jour et que ce mode de vacances perdure.